Activité posturale

 

L’activité posturale est au carrefour des fonctions motrices, sensitives et sensorielles et est, dans l’activité quotidienne, gérée de façon automatique, même si un contrôle volontaire peut également intervenir.

Elle est donc gouvernée :Caroline Gates

  • par le système extra-pyramidal (qui s’adresse, au niveau musculaire, principalement aux extenseurs)[ les influx pyramidaux (motricité volontaire) ont un effet activateur sur les fléchisseurs, inhibiteur sur les extens…]
  • au niveau de voies réflexes, avec le réflexe myotatique essentiellement (à finalité surtout posturale et concernant plutôt les muscles anti-gravitaires).[ appelé aussi « réflexe d’étirement » et déclenché lors d’étirements brusques ou importants du muscle, par le fuseau neuro-musculaire. (interne au muscle) et par l’organe tendineux de Golgi
    Ce réflexe est inhibé par la voie pyramidale, renforcé par la voie extra-pyramidale…]

L’activité posturale est en connexions nerveuses avec les centres de l’éveil et des émotions et est coordonnée, par le cervelet, à la motricité volontaire.

Elle se trouve, en fait, au carrefour des voies nerveuses

  • motrices
  • intéroceptives / proprioceptives :
    • dans leur aspect de perception de la configuration plastique du corps ;
    • avec la proprioception dans son ensemble et plus spécifiquement aux niveaux de la voûte plantaire et du cou, le contrôle postural se faisant alors, ici, dans le sens ascendant, des pieds vers la tête.[ pour la voûte plantaire, avec le réflexe « tonique postural » dans lequel une pression sur la plante des pieds provoque une élévation du tonus des extenseurs ;
      pour le cou avec l’importance du regard dans l’équilibre.
      L’activité des extenseurs est liée de façon importante à la gravité (cette tonicité diminue chez les cosmonautes)…]
  • labyrinthiques (oreille interne) avec le « réflexe tonique labyrinthique » (ou « vestibulo-spinal »), réflexe de redressement de la tête sur le cou et le reste du tronc, grâce, surtout, à la perception des modifications de la posture par rapport à la gravité.
  • sensorielles (extéroception) :
    • le tact, dans la perception des pressions cutanées par les « gravicepteurs ».
    • l’audition, servant au repérage du champ spatial.
    • la vision, aidant, entre autres, à déterminer la verticale… et constituant un véritable « point d’appui », un référentiel important dans l’équilibration et le maintien de la posture.[ en cas de chute ou perte d’équilibre, la posture est retrouvée par la tête d’abord pour rétablir le champ visuel en premier… (l’extension de la tête, d’ailleurs, stimule le réflexe d’extension des membres inférieurs.)…] Cette référence visuelle de la posture est prédominante chez l’enfant jusque vers 4 ans, avec contrôle de la posture dans le sens descendant, de la tête vers les pieds et stratégie de fixation tête/tronc si l’équilibre devient précaire. Cette référence visuelle constitue un « référentiel exocentré », la référence proprioceptive, dite « référentiel égocentré », deviendra ensuite prédominante avec l’affinement des coordinations de la musculature posturale.

Par la convergence de toutes ces informations perceptives, l’activité posturale est directement articulée à l’intégration du schéma corporel,

  • dans son aspect de modèle spatial du corps avec la perception de la géométrie corporelle, de la masse des différents segments, de la verticalité / gravité…
  • dans son aspect de sens kinesthésique avec la proprioception mais aussi bien l’extéroception et la viscéroception,
  • dans son aspect de représentation, avec un ensemble d’images, en stock, de postures variées et de multiples potentialités de mouvement.

Anatomie fonctionnelle

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